HYPOTHÈSES DE TRAVAIL/ QUESTIONS

Les hypothèses de travail énumérées ci-dessous ne sont que ça: des hypothèses. Nous n'avons, à ce jour, pas de faits réels.

Si vous avez des suggestions à faire, n'hésitez pas à nous contacter, toutes les idées seront les bienvenues!

WORKING HYPOTHESIS / QUESTIONS

The hypothesis listed below are just that: hypothesis. To this day we have no hard facts.

If you have any ideas or suggestions, please don't hesitate to contact us! All ideas are most welcome!

1/.En 1887 l'écrivain J.B.M. Biélawski écrit dans son livre RÉCITS d'un TOURISTE AUVERGNAT :

- page 358 -

... En 1592, le Marquis d'Allègre, gouverneur d'Yssoire pour le roi... ...D'Allègre, qui arrive sans défiance, est lui-même surpris, perd quatre-vingts hommes tués et se sauve à toute bride dans le fortin de Vinzelles...

- à la page 380 -

 ...Continuant de remonter le ruisseau, nous laissons à droite le château de la Prias qui appartient à la maison d'Arcy, et, passant à côté du colombier Crespat, nous traversons le hameau de Vinzelles où il y eût autrefois un fortin. ...

- Ce "fortin" existait t'il déjà au début du 14ème siècle?

- Notre maison en faisait elle partie? 

- Qui a des renseignements plus précis sur ce fortin?

- Où Biélawski a t'il trouvé les renseignements sur cette bataille?

- Y a t'il d'autres "faits d'armes" mentionnant Vinzelles et son fortin?

 

1/. In 1887 the author Biélawski wrote in his book RECITS d'un TOURISTE AUVERGNAT :

- page 358 -

... In 1592, the Marquis d'Allègre, governor of Yssoire for the king... D'Allègre, who arrives without suspicion, is himself surprised, looses eighty men killed, and hides as fast as he can in the small fortress of Vinzelles...

- on page 380 -

... Continuing along the brook, we leave to the right the château de la Prias which belongs to the house of d'Arcy, and, passing the Crespat pigeon till, we cross the small village of Vinzelles where there used to be a small fortress.

- This "small fortress" did it already exist in the 14th century?

- Was our house part of it?

- Who has any information about this small fortress?

- Where did Biélawski find this information about this battle? (what battle?)

- Was Vinzelles and its small fortress mentioned in any other battles?

2/.Le blason porté par le cavalier à droite du tableau principal, "de gueules à la croix d'argent" était (est) également le blason de l'Ordre de Malte. 

 L'autre cavalier porte le gonfanon d'Auvergne.

- Représentation symbolique d'un conflit entre l'ordre de Malte et les Comtes d'Auvergne?

- Est ce que le nom VINZELLES est mentionné quelque part dans les archives de l'Ordre de Malte? Si oui, dans quel contexte? En tant que lieu (fief) ou en tant que personne (Chevalier/Seigneur de Vinzelles)?

2/. The coat of arms of one of the riders, silver cross on red shield, was (is) also used by the Order of Malta.
The other rider wears the gonfanon d'Auvergne.

- Symbolic representation of a conflict between the order of Malta and the count of Auvergne? 

- Is the name VINZELLES mentioned anywhere in the archives of the Order of Malta? If so, in which context? As a physical location (fief) or as a person (Chevalier de Vinzelles)?

3/.Lors de travaux une tranchée de 4 mètres de profondeur fut creusée dans la route principale. Au lieu d'un sol rocailleux de montagne on n'y trouva que du sable, ce qui semble indiquer que la route actuelle est un ancien lit de ruisseau.

? Est'il concevable d'assumer que le ruisseau fut artificiellement détourné de son lit afin de créer un îlot artificiel plus facilement défendable? (voir photos aériennes dans la galerie.)

3/.During recent road works 12 feet deep holes were dug along the main road. Instead of finding the expected rocky underground, only sand was found which seems to indicate that the main road is in fact the former river bed.

? Is it realistic to assume that at one time the river has been artificially led around the village so as to create an artificial island which was easier to defend? (see also the air pictures in the photo gallery)

4/.VINZELLES (recherches effectuées par le Docteur Michel Toulemont de Sauxillanges).

Hameau de  : Vinzelles

Commune : Bansat

Canton : Sauxillanges

Arrondissement  : Issoire

Département : Puy de Dôme (63)

 

Maison à Vinzelles appartenant à Monsieur Johannes Zuurdeeg .

Acquise en 1979 de la famille Pelisse.

Sis au centre d’un village il s’agit d’un groupe de trois maisons mitoyennes orientées Est-Ouest, bordé au Nord par la route Bansat – les Pradeaux (n° D.24) et à quelques mètres au Sud par une étroite cour en fort contrebas le séparant du ruisseau le Bansat.

Ces trois maisons, en rez-de-chaussée surélevé de quelques marches, qui primitivement ne communiquaient que par l’extérieur, côté route, sont maintenant réunies par l’intérieur.

D’Est en Ouest ce groupe comprend :

  1. une petite maison de forme carrée, d’un seul niveau en rez-de-chaussée sur route,

  2. une autre petite maison, à peu près de même forme et dimensions, elle aussi d’un seul niveau en rez-de-chaussée sur route,

  3. une autre petite maison, elle aussi de forme carrée mais comprenant un rez-de-chaussée sur route et un étage au dessus.

C’est dans ce premier étage de cette dernière qu’ont été découvertes des peintures murales dont les circonstances ont été publiées en 1981 (Revue d’Auvergne, Michel Toulemont " Découverte d’une peinture héraldique en Auvergne "). Après classement (inscription à l’Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques) sous contrôle de cette administration (et en bonne partie financées par le propriétaire) les peintures murales ont été nettoyées par Monsieur Yves Morvan (restaurateur agrée des Monuments Historiques), et mises en valeur par le propriétaire.

Les documents anciens montrent que de lieu était très anciennement habité.

Du Haut Moyen-Age on a :

  1. Les cartulaires :

BRIOUDE :

  • n° 100, donation Raynaldus datée " in mense septembri anno decimo nono regnante Karolo rege Francorum ".

  • n° 206, donation Girbernus datée " in nonis septembris anno vicesimo primo regnante Karolo rege Francorum " (à noter que Girbernus donne son alleu, donc un bien propre, héréditaire, libre, exempte de toutes redevances et ne dépendant d’aucun autre que lui).

SAUXILLANGES :

  • n° 19, donation Teobrandus datée " Eimardus abba ", Aymard était abbé en 944.

  • N° 116, donation Poncius datée à " ecclesie Celsiniensis cenobii qui regitur sub gubernatione Odilonis abbatis " Odilon était abbé en 995.

  • N° 123, donation Ingelberga datée " mense martis feria quarta regnat domini nostri Jesu Christo ".

  • N° 217, donation Geraldus datée " &ldots;ubi dommus Maiolus abba.. " saint Mayeul était abbé en 954 avant de devenir abbé de Cluny.

  • N° 220, donation Ermenricus et Giberga son épouse datée " mense martio, feria quinta, regnante Lothario rege Francorum ".

  • N° 508, donation Odilo non précisement datée.

  • N° 653, donation Willelmus signée " sub gubernatione domni Odiloni abbatis " Odilon de Mercoeur était abbé en 995.

Les 64 noms mentionnées dans les chartes montrent que vers 950 – 1100 il y avait d’assez nombreux propriétaires (pas obligatoirement y demeurant) assez riches pour faire des dons importants à des abbayes (ce qui parait normal pour Sauxillanges situé à une dizaine de kilomètres, mais le parait moins pour Brioude distant de plus de trente, mais peut s’expliquer pour des propriétaires éloignés). Des noms portés par les donateurs il est difficile de définir leurs origines. On sait combien " la mode " a incité les gens à imiter les noms " des grands ". Durant la " pax romana " les celtes ont latinisé leurs noms, plus tard après les grandes invasions vint une ère de germanisation (de nos jours le fait reste le même, il suffit de consulter les publications de naissances pour voir combien de parents portugais ou autres donnent naissance à des Kevin ou à des Patricia !). Dans la liste certains noms sont très " Gaule-Romaine " tels Alboinus , Cavallarius, Poncius, etc.. alors que d’autre sont " germaniques " Ingelberga, Gausbertus, Willelmus, Wiltbaldus, etc. ; les premiers semblent

toutefois dominer.

D’autres documents donnent des renseignements sur une époque un peu postérieure :

1) A.Tardieu " Grand dictionnaire historique du Puy de Dôme " 1877 : fief dont les familles seigneuriales citées sont :

  • à partir de Géraud de Vinzelles cité en 1268 cette famille le reste jusqu’en 1528 ; on constate qu’au début de la deuxième moitié du XIIIème siècle une seigneurie héréditaire était solidement établie ;

  • en 1653, à partir de Pierre de Cisternes qui devient seigneur par mariage avec la fille du seigneur de Bansat (à cette époque, probablement par mariage, la seigneurie de Vinzelles était donc couplée avec celle de Bansat) cette famille le garde jusqu’en 1754 ;

  • jusqu’en 1789 la seigneurie est aux marquis de La Rochelambert, à la fois seigneurs d’Orsonette et de La Valette (brulé par les troupes allemandes au cours de la guerre 1939-45, le château est à proximité de la route D89 qui descend de Saint Etienne sur Usson pour rejoindre celle de St Jean en Val-Sarpoil).

Le principe est le suivant : Du moment qu’il a été rédigé par un notaire un acte est de ce fait réputé " authentique " ; au Moyen-Age où très peu de personnes savaient écrire on s’adressait aux seuls capables, les religieux, et pour assurer sa validité l’acte était rédigé en présence du plus grand nombre possible de témoins ou de personnages éminents, et chacun y apposait sa marque personnelle (son signum, devenu le sceau).

L’examen des chartes de donations au monastère de Sauxillanges montre :

N° 116, Poncius fait une donation, un des témoins est son fils Geraldus ;

N° 217, Geraldus fait lui même une donation, un des témoins est Emmonius d’Ucione (Usson) ;

N° 299, Arbertus de Banciaco (Bansat) fait une donation dont un des témoins est Geraldus de Vinzella.

Les mentions E. d’Usson, A. de Bansat et G. de Vinzelle désignent à coup sur des " patrons " ; si le terme de seigneur n’avait pas encore cours cela montre un personnage ayant toute autorité sur le lieu qui le désigne. Ces textes démontrent que le " patronage " à Vinzelles de la famille Geraldus était reconnu au début de la deuxième moitié du Xème siècle, plus de deux siècles avant 1268 où Tardieu cite Géraud de Vinzelles.

Geraldus donne en français Géraud, pour Géraud de Vinzelles le problème est :

  • la famille avait elle gardé son nom d’origine ?

  • était-ce devenu un prénom par référence à l’initiateur de leur pouvoir ?

  • tout au contraire s’agit du hasard d’un prénom choisi ?Depuis le Haut Moyen-Age le prénom Géraud a joui d’une grande faveur dans les hautes classes sociales ; descendant d’une famille de sénateurs Gallo-Romains saint Géraud (en fait pour lui aussi Géraldus était son nom de famille) était le puissant seigneur d’Aurillac et sa région, ce qui explique ce choix fréquent. Ce prénom est même encore porté dans le bas Cantal dans les " bonnes familles " (petite anecdote : sous Napoléon Ier, le Grand Maréchal du Palais Michel Duroc avait ainsi transformé son identité réelle de Géraud de Michel seigneur du Roc).

Concernant la localisation de cette peinture héraldique on note :

  1. une vue aérienne montre que le lit actuel du ruisseau et la route D24 (Bansat-les Pradeaux) enserrent un espace étroit et allongé ;

  2. l’examen du parcellaire montre qu’anciennement la route Bansat-les Pradeaux suivait plus au sud un trajet assez nettement au delà de la rive gauche du ruisseau ;

  3. les travaux qui, dans l’agglomération de Vinzelles, ont nécessité d’ouvrir la route ont montré que jusqu’à plus de trois mètres de profondeur le sol était constitué d’une seule épaisse couche de limon noirâtre prouvant qu’à une époque ancienne il s’agissait du lit du ruisseau, dont par ailleurs on remarque la curieuse boucle qu’elle fait actuellement.

On peut donc conclure qu’en détournant vers le sud une partie du lit du ruisseau on a obtenu cet espace ovulaire qui fut aménagé pour la défense en l’enclosant d’une forte palissade de tous cotés bordée d’un fossé plein d’eau ; un fossé peu profond et une palissade suffisent à marquer un différence avec les bâtisses environnantes. On retrouve l’aménagement classique, d’Est en Ouest, " la Basse Cour ", dans laquelle étaient les granges, écuries, étables et loges du personnel ; puis la partie réservée au seigneur avec tout à l’Ouest une petite motte surmontée d’une tour comme classiquement à l’origine en bois ; cette motte peu élevée expliquerait le contre bas de la cour séparant du ruisseau actuel.

Les peintures seraient donc dans une tour carrée en pierre ayant remplacée celle en bois la primitive, l’examen de la pièce où sont les peintures montre bien qu’elle a été plus haute de deux à trois mètres.

Évidemment le peu d’épaisseur des murs n’évoque pas une forte défense mais, comme Bruno Phalip l’a démontré, ces tours plus que de servir à la défense sont signifiantes, la tour étant surtout un moyen de reconnaissance sociale ; ce qui expliquerait à la fois la faiblesse de sa construction et son décor surprenant en ce lieu.

Conclusion : Il semble bien que l’on soit en présence de la cristallisation sur le sol d’un aménagement remontant au milieu du Xème siècle, fossé, palissade, motte et tour, tout cela peut être a minima et non pas tellement " fortification " mais enceinte dans laquelle s’enferme un personnage et par ces signes objective sa place prééminente dans la société locale.

A l’époque de la construction de l’actuelle tour carrée le détenteur de la seigneurie n’était dans l’échelle sociale qu’un " petit noble "mais, par rapports à de hauts titrés " récents ", il pouvait mesurer sa noblesse à de nombreux siècles; estimant remonter à la fin de l’époque gallo-romaine il devait avoir une conscience aiguë de l’antiquité réelle de sa lignée, ce qui peut expliquer cette peinture, pour ce lieu, un peu outrancière et ostentatoire.

 

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